Sa voiture en panne, Marie-Chantal se voit contrainte de prendre le métro

Elle avait prévu une matinée ordinaire, rythmée par ses rendez-vous et ses habitudes bien établies. Mais pour Marie-Chantal, résidente d’Uccle au style impeccable et au quotidien parfaitement orchestré, tout a basculé à la suite d’un imprévu mécanique.

Peu après 9 heures, la voiture avec chauffeur qui l’accompagne habituellement dans ses déplacements est tombée en panne, l’obligeant à revoir entièrement son organisation. Après avoir vertement tancé son chauffeur pour défaut de prévoyance et lui avoir annoncé qu’il pouvait dire tintin à sa prime mensuelle, une solution s’est imposée : emprunter les transports en commun bruxellois. « C’était la seule option pour parvenir à temps à mon rendez-vous », confie-t-elle, encore légèrement décontenancée, et surtout ayant visiblement oublié que les taxis existent. Direction donc le métro, un mode de transport qu’elle n’avait, selon ses dires, « pas utilisé depuis… très longtemps ».

Découvrir la faune locale

Habillée avec soin, manteau ajusté et accessoires choisis avec précision, Marie-Chantal ne passe pas inaperçue en descendant sur le quai. L’environnement, plus dense, plus bruyant, avec moult étrangers, tranche avec ses habitudes. « Il y a une forme d’énergie, disons… très directe », observe-t-elle, cherchant ses mots pour cacher qu’elle est aussi à l’aise dans le métro que si elle se trouvait entourée d’animaux sauvages et puants.

À bord de la rame, l’expérience se poursuit. La promiscuité, les conversations fragmentées, les allées et venues constantes composent un tableau auquel elle semble peu accoutumée. « C’est… vivant », résume-t-elle, dans une formule mesurée.

Une véritable agression

Mais c’est surtout un épisode survenu en cours de trajet qui a marqué cette matinée inhabituelle. Un homme en situation de précarité, aussi appelé Michel la Poubelle, s’est approché d’elle pour lui demander de l’aide. « Il m’a adressé la parole de manière très immédiate », explique-t-elle. Sur le moment, elle admet avoir été surprise. « Je n’ai pas su comment réagir tout de suite. J’ai d’abord pensé à protéger mon sac Prada, et mon collier 24 carats. Ensuite j’ai envisagé d’inviter l’homme à chercher un emploi plutôt que de m’importuner mais je me suis ravisée, estimant ces propos moult malavisés de ma part. » L’échange, bref, s’est finalement conclu sans incident, Marie-Chantal optant pour l’attitude de toute personne confrontée à un SDF, c’est-à-dire faire semblant de ne pas le voir ni l’entendre.

Arrivée à destination, Marie-Chantal reconnaît que cette expérience, bien que déstabilisante, restera « instructive ». Elle précise toutefois avoir déjà pris des dispositions pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Moult nouveaux véhicules seront acquis pour éviter qu’une panne la force à nouveau à se mêler à la populace bruxelloise.« C’est important que tout fonctionne », conclut-elle simplement, avant de faire le récit de son aventure à son mari Charles-Edouard, fraîchement descendu de son jet privé, de retour d’un voyage d’affaires à Dubaï.

Un retour à la normale qui, pour elle, ne saurait tarder.

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