Dans un contexte de flambée persistante des prix du carburant, Audi a dévoilé ce matin un prototype qui ne laisse personne indifférent : l’Audi E-tron 2.0, un véhicule hybride capable de fonctionner à la fois à l’essence… et aux excréments humains et animaux.
Présentée lors d’un événement à Ingolstadt, cette innovation pour le moins déroutante repose sur un système de transformation des déchets organiques en biogaz directement intégré au véhicule. Concrètement, les utilisateurs peuvent récolter leurs propres déchets — ainsi que ceux de leurs animaux de compagnie — et les introduire dans un compartiment spécifique situé à l’arrière du véhicule. Une fois traitée, cette matière est convertie en énergie permettant d’alimenter partiellement le moteur.
« C’est une révolution circulaire », affirme Kurt Vomigutt, un ingénieur du projet. « Nous transformons un déchet universel en ressource énergétique. C’est économique, écologique… et inévitablement un peu odorant. » Car oui, malgré les efforts des équipes pour limiter les nuisances, certains premiers testeurs évoquent une expérience olfactive “marquée”. « Soyons honnête, ça schlingue pas mal, confie un utilisateur pilote. Quand il fait chaud c’est absolument immonde. Jusqu’ici je n’ai pas pu tenir plus de 30 minutes dans la voiture avant de gerber. Mais quand on voit le prix à la pompe, on relativise très vite. Cela étant, je ne sais pas si je partirais en vacances avec. »
Parmi les premiers volontaires à tester le système, Jempi, 42 ans, ne cache pas son enthousiasme. « Au début, j’étais un peu sceptique, comme la fosse. Hin hin hin. Surtout quand on m’a expliqué que je pouvais utiliser mes propres étrons », raconte-t-il en riant. « Mais finalement, je me suis pris au jeu. Tous les matins, je récupère ce que je peux, et je fais pareil avec mon chien. Peut-être que ça encouragera les gens à ramasser les merdes de leurs chiens, qu’ils font chier n’importe où. Et comme j’ai souvent la chiasse, j’arrive facilement à avoir assez pour alimenter ma voiture pendant une semaine. Franchement, ça remplit plus vite qu’on ne pense. Et si nécessaire je vais choper du purin chez le fermier du coin, ni vu ni connu. » Il admet toutefois quelques inconvénients : « Faut être organisé… et éviter d’ouvrir le compartiment quand il fait chaud. Mais bon, quand je vois combien j’économise à la pompe, je me dis que ça vaut largement le coup. Evidemment pour choper des gonzesses c’est plus compliqué. »
Mais ce n’est pas tout : Audi a également choisi de jouer la carte de l’autodérision. Longtemps moqué dans les pays francophones, le nom « e-tron » — dont la proximité avec le mot “étron” (qui désigne un excrément) n’avait, selon la marque, pas été anticipée lors du lancement initial — devient ici un argument marketing assumé. « À l’époque, disons que nous n’avions pas mesuré la portée linguistique du nom… et cela nous a valu quelques moments gênants », reconnaît Jens Britter, responsable communication du Groupe Volkswagen-Audi. On était passé pour une sacrée brochette de branquignols pour avoir loupé une telle signification pour un public francophone tout de même assez important pour nos véhicules. Aujourd’hui, nous préférons en rire et en faire une force. » En off et après 4 ou 5 bières, Jens Britter a tout de même reconnu qu’il n’a absolument aucune intention de conduire cette voiture car « elle pue vraiment trop la merde. Mais bon il y aura toujours bien des bobos branchés pour se racheter une conscience en achetant nos bagnoles hybrides avant de partir en vacances en avion à l’autre bout du monde. Merci à eux. »

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