Provence — Marie-Chantal, 47 ans, avait tout prévu pour ses vacances. Un mas de charme dans le Sud de la France, une piscine, quelques bonnes tables réservées à proximité et trois semaines de repos loin des préoccupations quotidiennes. Mais les incendies qui ont touché la région l’ont contrainte à rentrer chez elle plus tôt que prévu. Une situation qu’elle vit très mal. « C’est absolument scandaleux », déplore la quadragénaire. « On travaille toute l’année – enfin surtout mon mari –, on paie des impôts – enfin surtout mon mari –, on réserve un très bel endroit – enfin surtout mon mari – et, au moment où on arrive enfin à profiter, il y a des incendies partout. »
Un assureur radin
Le mas, situé dans une zone finalement évacuée par précaution, n’aura été occupé que quelques jours. Marie-Chantal assure avoir passé une partie de son séjour « à regarder les fumées au loin au lieu de profiter de la piscine ». Mais son principal grief concerne désormais le tour-opérateur. Malgré ses demandes, celui-ci refuse pour l’instant de lui rembourser les nuits qu’elle n’a pas pu passer sur place. « J’ai payé pour trois semaines, pas pour huit jours », s’indigne-t-elle. « Je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de supporter les conséquences de quelque chose que je n’ai absolument pas provoqué. »
Un autre événement est venu aggraver encore davantage son amertume. La maison de vacances de son amie Marie-Chantalle, située dans la même région, a été entièrement détruite par les flammes. Marie-Chantal y passait régulièrement plusieurs semaines chaque été, mais cette année elle n’y a pas été car elle s’est disputée avec Marie-Chantalle en février et c’est toujours pas réglé.
« Ça, c’est encore plus scandaleux », estime-t-elle. « Cette maison, c’était un peu notre point de chute. On y faisait des dîners, on recevait des amis, on allait au marché le matin… Et maintenant, c’est fini. Je ne pourrai même plus aller là-bas l’année prochaine. » Pour Marie-Chantal, la question dépasse désormais largement ses propres vacances. « Et quid des années suivantes ? Vais-je devoir finir par prendre mes vacances au Danemark ? Vous n’y pensez pas ! »
Arrêtez de nous emmerder
Elle considère que le changement climatique est devenu « un véritable problème pour l’organisation des vacances des Français. On nous demande déjà de faire attention à notre consommation, de changer nos habitudes, et maintenant il faudrait en plus renoncer à nos vacances dans le Sud ? Je trouve ça extrêmement préoccupant. »
De retour dans son 450 m² dans la région de La Hulpe, Marie-Chantal tente désormais d’obtenir le remboursement de son séjour écourté. Elle reconnaît toutefois que cette mésaventure ne l’empêchera pas de repartir l’année prochaine. Plusieurs destinations sont déjà envisagées, dont les Baléares, la Grèce et éventuellement le Portugal. « Enfin, il faut voir avec les incendies. Je vais attendre un peu avant de réserver » conclut-elle, avant de prendre son SUV de 6 tonnes pour aller faire des courses à 500 mètres.

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